Nathalie Brevet & Hughes Rochette: l’autoportrait d’une collaboration

Le projet Nathalie Brevet_Hughes Rochette a commencé en 2001, lorsqu’une architecte sociologue et un designer graphiste se sont décidés de créer des installations hors du commun en reformulant des idées qui appartiennent aux domaines différents. Ils ont fait leur début en France, plus précisément à Maison de la Villette à Paris. Par la suite, les deux artistes ont exposé leurs œuvres au Musée de l’Objet de Blois, au Musée de l’Art contemporain d’Anvers (MuHKA) et à l’Institut Français de Bucarest (lors de la Nuit Blanche) où leurs œuvres ont enchanté le public, l’invitant à faire un « loop » parmi des « refléxions urbaines ».

Qu’est-ce qui vous a inspiré pour les installations exposés lors de la Nuit Blanche ?
H.R: Ce qui nous inspire pour nos installations c’est généralement les choses très simples et banales, telles les enseignes lumineuses qu’on voit partout dans l’espace urbain.
Réflexions urbaines est plus qu’un graffiti, car au-delà du texte qui est propre à ce courant esthétique urbain, on découvre un mode alternatif d’expression : le matériau qu’on utilise pour écrire le message et qui est extrêmement important pour nous (le rideau, le projecteur, les faisceaux de lumière). Les messages qu’on propose sont anonymes et, dans la plupart des cas, sont transposés sur des matériaux étranges – des rideaux, des murs blancs-, même si le texte est projetté toujours à l’aide d’une source de lumière blanche.
En recalibrant le projecteur on peut changer le message, on peut mettre en lumière un nouveau texte, qui est loin d’être politique ou social. L’observateur est invité à examiner les matériaux qu’on a utilisés, la façon dont apparaît le message, ensuite la police de caractères et, après, le message en soi-meme.

N.B: Nos œuvres se fondent sur plusieurs discussions sur le même thème et les endroits que nous avons visités sont notre source d’inspiration et c’est là que nous voulons exposer les installations. Par le projet Réflexions urbaines nous voulons mettre en évidence combien les matériaux sont importants au moment de la réalisation d’une œuvre d’art : les tissus, les murs blancs ou anciens sur lesquels nous projetons les messages, le faisceau de lumière qui rend possible l’apparition du texte.

Quels sont les traits spécifiques de l’art contemporain, selon vous ?
H.R : L’art contemporain est un art très démocratique, il y a beaucoup d’œuvres, beaucoup d’artistes et le public devient de plus en plus nombreux. L’art contemporain, créé uniquement pour épater, pour obtenir du consommateur d’art une réaction immédiate, n’est plus limité au grands centres culturels de la planète, comme New York ou Berlin, il peut se trouver dans n’importe quel milieu culturel, tel l’Institut Français. Contrairement aux autres courants artistiques, l’art contemporain a la capacité d’inclure et de mettre en valeur nombre de cultures, sans les faire paraître des collages maladroits voulant exprimer des idées originales.
N.B: La collaboration entre plusieurs artistes – qui est généralement cruciale pour la réalisation d’une œuvre d’art complète. Chaque artiste apporte une idée unique et l’œuvre naît ainsi de la réformulation des styles esthétiques.

Quels artistes vous ont influencé le plus dans la création de vos œuvres ?
 N.B: Les influences (des artistes qu’on a connu à travers les cours d’architecture et de l’histoire de l’art) changent constamment lorqsu’il s’agit d’installations. Ce qui nous influence c’est l’atmosphère de l’endroit et aussi le  cadre naturel ou historique où nous allons exposer nos œuvres. Chaque endroit, chaque monument fait naître une nouvelle idée dans notre esprit. La théorie de l’art reste donc sur un plan secondaire, en faveur de la réalité architecturale devant nous.
 
H.R.: Dans la plupart des cas, par l’intérmédiaire des messages qu’on projette, on essaye de changer la matérialité des murs, de les transformer de simples murs de résistance en de vrais espaces qui supportent et acceptent la présence d’une œuvre d’art contemporain. Au moment où on choisit d’utiliser un certain bâtiment historique comme cadre de présentation de l’oeuvre, on tente de créer un lien entre l’oeuvre et les événements qui se sont passés dans cet endroit-là. Comme ça, on veut découvrir les symboles qui nous permettent d’intégrer l’oeuvre dans le cadre choisi.
 

Quels artistes roumains connaissez-vous, non seulement par nom, mais aussi par leurs oeuvres?
H.R& N.B: Andrei Cădere, qui est absolument magnifique comme artiste, Dan Perjovschi et un artiste qui est plus jeune, Mircea Cantor.

Quelles galleries d’art et quels musées roumains avez-vous visité?
 H.R: Je n’ai visité que la gallerie Ivan et, bien sûr, Le Musée d’Art Contemporain, où on aurait du exposer nos oeuvres.
 
Comment trouvez-vous la Nuit Blanche à Bucarest?
N.B: Ce que j’aime c’est de voir toute sorte de gens qui sont venus visiter l’Institut Français ce soir (des grandsparents avec leurs petits-fils, des jeunes, des adultes) et qui passent un bon moment.
 
Quels projets artistiques futurs avez-vous déjà projetté?
H.R& N.B: Entre 10 et 17 juillet 2010 on va exposer nos oeuvres à la gallerie JTM, dans le cadre de l’exposition „Partition”. Toujours en juillet, on va participer à une exposition collective.

Entretien: Mihaela Ion

 
Nathalie Brevet et Hugues Rochette
téléchargé par lachambreaair. – Arts and animation videos.
Website:
http://www.nathaliehughes.com
http://www.nathaliehughes.com/NathalieBrevet_HughesRochetteFR.pdf
 

version roumaine>>

La présentation est apparue dans la revue ArtClue. Demandez le format pdf de la revue ici>>

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